Célibataire? oui, Seul(e)? non. Quelles sont les nuances?

Dans le langage courant, on a l’habitude d’utiliser le terme “célibataire” pour désigner une personne seule. Or, le célibat est un statut qui peut recouvrir plusieurs réalités. Le dictionnaire est assez clair sur le sujet car il le définit comme “l’état d’une personne qui n’est pas mariée”.

Être célibataire ne veut donc pas dire être seul (e). Vous pouvez être célibataire mais vivre en couple, ou avoir un(e) partenaire amoureux(se) ou de circonstance.

Combien de femmes ou hommes célibataires entretiennent une ou plusieurs relations parallèles ? Je n’ai certes pas fait de statistiques sur le sujet, mais je pense qu’il doit y en avoir quand même pas mal. Il n’y qu’à observer la multiplication des amitiés “sexuelles” ou des relations de convenance. Que ce soit pour avoir un peu de compagnie, un peu de tendresse, ou tout simplement pour assouvir les besoins naturels.

Partant de ce constat donc, on peut tout à fait être célibataire et entretenir différentes formes de relations.

Les besoins évoluant avec l’âge, on peut se sentir à l’aise dans une relation platonique à un moment donné, mais rechercher une relation plus stable à un autre moment.

De ce fait, le problème n’est pas tant le célibat, mais plutôt la solitude affective. Plus précisément, le fait d’être complètement seul(e), sans partenaire avec qui partager des moments intimes ou construire un projet de couple le moment venu.

Le débat autour du célibat devrait par conséquent se situer dans un cadre bien défini. Il faudrait clarifier de quoi on veut exactement parler. Du célibat (absence de mariage) ou de l’absence totale de partenaire ?

Pourquoi se retrouve t-on seul(e)?

Dans notre parcours de vie, on peut se retrouver seul(e) à différents moments et pour différentes raisons:

  • Les séparations et les divorces
  • Le décès du conjoint ou de la conjointe
  • La difficulté des rencontres ou le manque d’occasions
  • Les attentes non réalistes ou l’orgueil
  • Le mythe selon lequel “être quelqu’un de bien suffit à trouver un bon partenaire”
  • Le caractère et l’absence de maturité
  • On a un ou plusieurs enfants à charge
  • La volonté de rester dans sa communauté
  • Le déséquilibre entre l’offre et la demande
  • L’isolement et le manque de proactivité
  • La difficulté à trouver un(e) partenaire compatible

 

La solitude affective

La solitude affective n’est donc pas toujours un choix, ou une conséquence des mauvaises habitudes du passé. C’est parfois la conjonction de plusieurs facteurs ou encore le résultat des évènements indépendants de notre volonté. Croire qu’une femme ou un homme se retrouve seul(e) par sa faute, c’est réduire fortement son angle de perception. Qui plus est, on ne se met pas en couple par la seule force de la volonté. Il faut encore trouver un alter ego avec qui construire ce projet.

Et si on n’en trouve pas, faut-il alors se tirer une balle? et arrêter de vivre pour autant? je ne le pense pas.

La solitude affective est un véritable problème de société. Toutes les communautés immigrées sont susceptibles d’en souffrir. Les gens vivent cloîtrés et se parlent peu. Les occasions de rencontre sont rares, voire inappropriées pour tout le monde. Les mentalités changent, et le contexte influence fortement les choix qui sont possibles.

Quand bien même on a un profil “commercial”, attrayant sur tous les points, il reste tout de même difficile de se trouver un(e) bon partenaire. On a certes le choix, mais on ignore les motivations réelles des personnes qui nous convoitent.

Pour toutes ces raisons, il me semble opportun d’apprendre à s’épanouir autrement que par le mariage ou la vie en couple. Les 2 ne sont pas du tout incompatibles, au contraire. Le moment venu, l’épanouissement personnel sera un excellent ingrédient pour l’épanouissement conjugal.

Célibataire et épanoui(e)?

Bien évidemment! Comme je l’ai dit plus haut, être célibataire n’est pas synonyme d’être seul(e). On peut très bien entretenir une relation sentimentale ou affectueuse en parallèle, voire même une relation platonique sans envie aucune de se mettre en couple plus tard.

Tout dépend du moment où on se trouve dans son cycle de vie, de l’âge qu’on a , de nos objectifs et de nos expériences personnelles.

Le plus important est d’y trouver son compte.

Seul(e) et épanoui(e) ?

Je n’en suis pas certaine. On peut bien sûr faire le choix de rester seul(e) pendant un moment. Pour se reconstruire ou pour faire une pause. Quant à choisir de rester seul toute sa vie, je doute fort qu’on y trouve un épanouissement sur le long terme. Il y aura un moment où le besoin d’affection se fera ressentir, ainsi que le besoin de compagnie.

Si on a des enfants, la solitude affective se réveillera quand ils seront grands et quitteront le nid. A ce moment là, si on n’a personne dans sa vie, le risque sera de vouloir prendre trop de place dans la vie des autres, et dans celle des enfants en particulier.

Dans le cadre d’une étude sur le vieillissement en terre d’immigration,  j’ai eu à interroger plusieurs personnes âgées d’origine africaine vivant en Europe. J’ai appris de leur part une chose importante:  “vieillir seul(e), est la pire des choses pour un africain”. Surtout s’il est immigré.

Ce qui revient à dire que quel que soit l’âge, la solitude affective est une réalité bien difficile à vivre.

L’homme étant un “animal social”, le besoin d’aimer et d’être aimé est un besoin psychologique de base. Il est dès lors difficile de rester seul pendant une longue période sans que cela ne porte atteinte à l’équilibre physique, psychique et émotionnel.

Conséquences possibles

Les personnes qui vivent mal la solitude affective peuvent développer des addictions alimentaires ou sexuelles (boulimie, consommation d’alcool, masturbation fréquente, multiplication de partenaires, prostitution, usage compulsif de la pornographie, etc )  et dans certains cas, sombrer  dans une dépression profonde ou développer des envies de suicide.

Je ne dis toutefois pas que c’est impossible de rester seul, car beaucoup le font. La question est de savoir si on peut choisir de rester seul sur un long terme ET être quand même épanoui.

En ce qui me concerne, j’émets quelques réserves.

Cela dit, toute décision reste tributaire du contexte qui lui a donné naissance. Choisir de rester seul à 60 ans n’a pas le même impact que prendre cette même décision à 30 ou 40 ans.

“Plus pire que de n’être pas aimé, c’est de n’avoir personne à aimer”.

 

Bl@ckPsy

 

 

Mere celibataire africaine

4 Commentaires

  • Neo Répondre

    le mythe selon lequel “Etre quelqu’un de bien suffit a trouver un bon partenaire”….

    …J’ai tiqué sur cette phase. C’est tellement vrai! lol! Un des principaux biais cognitif est celui là. Se dire “parce que jsuis cool, les gens qui m’entourent sont cool.”

    Je partage également le constat selon lequel la solitude affective est le plus grand danger pour l’équilibre de l’humain. http://immigrechoisi.com/souvrir-ou-pas-avons-nous-besoin-des-autres-pour-etre-heureux/4534/

    • blackpsy Répondre

      Merci de ton commentaire Néo.

  • Monique Mathieu Répondre

    Bonjour,

    Je ne suis pas du tout africaine, mais je trouve vos articles passionnants. Ils permettent de comprendre intimement votre culture.

    Cordialement,

    • blackpsy Répondre

      Bonjour Monique,

      Merci de m’avoir lue. Et même si mon blog vise prioritairement les africains, il aborde très souvent des problématiques transversales qu’on pourrait retrouver dans toutes les cultures.
      N’hésitez pas à me faire part de vos réflexions surtout.

      Cordialement,

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