Comment devient-on fou? Qu’est-ce que la folie?

Chacun d’entre nous possède une structure psychique qui correspond à la manière particulière dont son cerveau fonctionne.

A chaque structure correspond des mécanismes qui nous aident à faire face aux évènements de la vie et à gérer un stress important.Tant que tout se passe bien, nous sommes équilibrés et adaptés.

Toutefois, s’il arrive qu’on se retrouve face à un évènement qui dépasse nos capacités de traitement, nos mécanismes de défense habituels deviennent insuffisants. Le cerveau, débordé, n’arrive plus à rétablir un fonctionnement adéquat.

On risque alors de faire une décompensation et de basculer dans une des maladies psychiatriques propres à notre structure de base. Ces maladies sont souvent regroupées sous le terme de “folie” par le grand public, or il s’agit de symptômes relevant de plusieurs maladies mentales appelées psychoses.

Qu’est-ce que la psychose?

La psychose peut se définir comme un trouble mental caractérisé par une perte de contact avec la réalité. La personne qui en souffre ne se rend pas compte de son état. Elle vit dans un délire constant et est persuadée que ce qu’elle perçoit existe vraiment.

Origines

“…il convient de distinguer d’emblée les étiologies organiques (altération des tissus cérébraux, atrophie cérébrale diffuse, comme dans la démence sénile, intoxications médicamenteuses ou toxicomaniaques, maladies infectieuses aiguës, traumatismes physiques et organiques) des étiologies psychiques (traumatisme de caractère psychique constitué par des événements extérieurs tels que la mort d’un être cher, l’horreur d’une guerre, d’un bombardement, d’une catastrophe naturelle, d’une prise d’otage, d’un état de détention ou d’enfermement prolongé” ( Philippe Fontaine).

Une psychose peut donc résulter d’une maladie, d’une ingestion de substances toxiques ou d’une situation douloureuse vécue.

Symptômes

  • Idées délirantes qui peuvent prendre différentes formes: délires de persécution ( on me poursuit, on me veut du mal), idées mégalomaniaques (j’ai des talents particuliers, je suis Dieu), délires de pensée (quelqu’un contrôle mes pensées), etc.
  • Hallucinations: auditives (entendre des voix), visuelles (voir des gens, des formes, des animaux), tactiles (sentir des fourmillements sur le corps), sentir des odeurs et des goûts en l’absence de tout stimuli.
  • Troubles cognitifs: difficultés à communiquer, discours incohérent ou incompréhensible.
  • Troubles moteurs: difficultés à exécuter des tâches simples et séquentielles: se laver, catatonie (se mettre dans des positions étranges, ne pas réagir aux sollicitations).
  • Apparence et hygiène négligées.
  • Altération significative du fonctionnement normal: adaptation sociale difficile.
  • Détresse importante

Traitements

Une prise en charge rapide est préconisée. Plus on attend, plus la maladie devient invalidante sur le long terme. Plusieurs interventions peuvent être envisagées:

  • Pharmacologie: prise de médicaments, et plus particulièrement de neuroleptiques
  • Psychothérapie familiale ou individuelle
  • Aide à la réadaptation sociale après stabilisation des symptômes
  • Hospitalisation ou maintien en habitations protégées

Contrairement à ce qu’on croit, le malade psychotique n’est pas un psychopathe. Il est en général effrayé, confus et se met à l’écart des autres dont il se sent différent. Toutefois, certains facteurs peuvent le rendre dangereux. Notamment la désocialisation (rupture de lien social, absence de support social ou de domicile fixe), la consommation de substances toxiques (qui vont désinhiber ses tendances agressives), et l’arrêt brusque de traitement ( effets secondaires) ou l’absence de diagnostic préalable.

Les différences culturelles

Chaque culture a ses propres savoirs et ses propres techniques de prise en charge de la maladie mentale. Qu’ils soient écrits ou pas.

Les symptômes pour exprimer une même maladie peuvent également différer en fonction de la culture à laquelle on appartient. Raison pour laquelle certains troubles ne peuvent être compris en dehors du contexte d’origine du patient.

C’est de ce constat qu’est née l’ethnopsychiatrie. Elle s’intéresse à “comment on tombe malade dans différentes cultures”. Elle interroge la signification culturelle des symptômes observés chez un patient originaire d’une culture différente.

Les questions qu’on devrait tous se poser

  • Pourquoi avons-nous peur des “fous”?
  • Que savons-nous de leur maladie?
  • Pourquoi vivent-ils en marge de la société?
  • Que représente la folie dans nos schémas de pensée individuels? collectifs?
  • Pourquoi certaines familles rejettent-ils leurs “malades”?
  • Quelles sont les croyances véhiculées par nos sociétés ?

La psychose peut être épisodique ou chronique. Elle peut également être soignée ou du moins stabilisée dans certaines conditions. Laisser les “fous” sans aucun suivi, ni aucune médication n’aggrave t-il pas leur état?

Qu’est-ce qui nous empêche d’écouter ce que dit leur maladie? toutes les personnes atteintes de psychoses ne sont pas nées ainsi. Il y a eu des évènements, des maladies, des comportements, qui ont conduit à cet état.

Ne croyons surtout pas que ça n’arrive qu’aux autres. La frontière entre le normal et le pathologique  n’est pas si étanche que ça en a l’air.

Tous les êtres humains ont des faiblesses, tout le monde peut “exploser” de l’intérieur à tout moment.

 

Bl@ckPsy

 

 

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