Deuil normal versus deuil pathologique, comment survivre à la mort d’un être cher.

Perdre un être cher n’est jamais facile quel que soit notre âge. Le deuil est la réaction psychologique qu’un individu développe suite à une perte.

Cette réaction est influencée par plusieurs facteurs, notamment : l’âge que nous avons au moment de la perte, le lien affectif que nous partagions avec la personne défunte, et les circonstances de sa mort.

Ces éléments vont conditionner notre réaction immédiate, qui en fonction de notre personnalité sera soit orientée vers l’expression émotionnelle intense (cris, pleurs), soit vers l’absence totale d’émotion (pas de réaction, pas de larmes, insensibilité apparente).

Dans le deuxième cas, la personne endeuillée a eu un choc émotionnel trop violent. L’émotion, beaucoup trop forte, a débordé ses ressources habituelles. Il n’a pas pu traiter l’information sur le moment. Le cerveau a donc …”buggé”. D’où l’absence de réaction.

Petite explication: en cas de choc,  le cerveau émotionnel (système limbique) produit des substances qui vont envahir et paralyser le cerveau rationnel (cortex pré frontal). Pour y faire face sans s’auto-détruire, notre conscience va se déconnecter de nos émotions. A cet instant, nous devenons non seulement incapables de penser de manière objective, mais également incapables d’exprimer nos émotions. On ne les ressent plus. Cette stratégie de survie est appelée “figement”.

Pour aller plus loin, il faut savoir que l’émotion est chimique. Quand nous ressentons de la peur, de la colère ou de la tristesse, notre cerveau libère des substances spécifiques qui vont agir sur notre comportement.
A chaque émotion correspond une réaction physiologique précise.

Exemple illustratif: vous marchez dans une rue et tout à coup un serpent surgit devant vous. Si vous n’avez jamais vu un serpent en vrai, il est fort probable que vous ayez un choc causé par une peur intense. La peur de mourir. Vous allez rester immobile pendant un laps de temps. Le temps que le cerveau traite l’information et vous indique comment réagir (fuir ou combattre).

C’est exactement pareil quand on fait face à une situation inattendue et douloureuse. La mort de l’autre peut être perçue comme la “mort” d’une partie de nous. Ça fait peur, ça fait mal….on est déboussolé.

Une émotion trop intense libère une quantité trop importante de neurotransmetteurs qui dans les cas extrêmes , peuvent provoquer un évanouissement, un arrêt cardiaque… Ou la mort instantanée.

Élisabeth Kubler Ross a identifié 5 étapes dans le processus de deuil:

le déni: “non ce n’est pas possible”
la colère: “pourquoi moi? Pourquoi lui/elle? Ce n’est pas juste”
le marchandage: “je donnerais tout ce que j’ai pour que ce ne soit pas arrivé”
la dépression: ” je veux mourir. La vie n’a plus aucun sens sans lui/elle”
l’acceptation: “ce n’est pas facile de vivre sans elle/lui, mais ça va aller. Il/elle n’est plus là, mais j’ai mes souvenirs”

Ces étapes ne sont pas linéaires, mais tout le monde doit les traverser pour pouvoir faire son deuil de manière constructive. Certaines personnes font des aller-retours, et d’autres restent bloquées à une phase précise. C’est à ce moment qu’il faut demander de l’aide.

Ce n’est donc pas la perte en soi qui peut nous nuire, mais plutôt la réaction émotionnelle trop intense  que nous pouvons avoir suite à celle-ci.

Pour parer à ce phénomène, et dans une stratégie de survie liée à la sauvegarde de l’espèce, le cerveau humain déconnecte les émotions de la conscience. Voilà pourquoi la personne ne ressent rien, et a l’air d’être “étrangère” à tout ce qui se passe. Elle est coupée de son ressenti.

Le deuil traumatique se développe plus souvent chez les enfants car ces derniers n’ont pas encore développé la capacité à gérer des émotions trop intenses. Ne pouvant s’expliquer ce qui se passe, ils sont submergés par la peur. Or, tout ce qui ne s’exprime pas…s’imprime.

Toutefois, certains adultes peuvent également vivre une perte sous forme de traumatisme. Tout dépend des circonstances de la mort et du caractère soudain ou prévisible de celle-ci.

Quoi qu’il en soit, le deuil est un processus. Il se fait au fur et à mesure et regroupe une suite de réactions et de comportements tout a fait normaux.

Une personne endeuillée est triste, elle souffre et peut ressentir beaucoup de colère.

Si la mort a été brutale , violente ou imprévisible. Les sentiments d’injustice, de culpabilité et d’impuissance vont se manifester. Ce qui est toujours normal.

En général, on estime à 6 mois le temps qu’il faut pour amorcer le “lâcher prise”.

Cependant, chacun vit son deuil à son rythme.

Le problème survient quand après des années on pleure toujours. On est toujours en colère. On rêve toujours de la personne de manière régulière.

Si vous faites tout pour ne pas oublier la personne décédée, si vous avez mal dès qu’on aborde le sujet, si vous continuez à penser qu’il ou elle n’aurait pas dû mourir….alors il est possible que vous ayez développé un traumatisme suite à cette perte.

Un deuil normal se solde par l’acceptation. Un deuil pathologique entretient la souffrance par la non-acceptation.

Il est important d’exprimer sa douleur et sa colère si on n’a pas pu le faire au moment du décès. Le fait de n’avoir pas pu exprimer ses émotions véritables peut entraîner un sentiment de culpabilité qui n’a pas lieu d’être.

Les personnes traumatisées sont celles qui n’ont pas réagi pendant le deuil. Les émotions sont restées emprisonnées et ressortent de temps en temps… Comme un couvercle qui se soulève sur une marmite bouillante.

Un jour ou l’autre elles craquent, et c’est la dépression. Elles font leur deuil des années plus tard et pleurent enfin leur mort.

Pour celles qui n’y arrivent toujours pas, une aide est souvent nécessaire.

Mon conseil

En cas de décès, soutenez beaucoup les personnes qui ne disent rien et qui ne pleurent pas. Parlez-leur, expliquez aux enfants ce qui se passe.
Restez disponible et à l’écoute.

S’il s’agit de vous mêmes, ne vous renfermez pas. Cherchez de l’aide autour de vous. Exprimez vos émotions. Posez vos questions.

Faire le deuil, c’est donner un sens à ce qui est arrivé, afin de pouvoir digérer et inscrire cet événement dans le passé.

Mere celibataire africaine

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