La frustration sexuelle dans les couples: un tabou?

Si l’infidélité masculine est en général mieux tolérée que l’infidélité féminine, il n’en demeure pas moins que les femmes revendiquent de plus en plus leur droit à la satisfaction sexuelle. Que ce soit sur la toile ou dans la vie réelle, les femmes africaines brisent progressivement le tabou en osant exprimer leurs ressentis et leurs frustrations.

Les faits divers et les confessions virtuelles viennent agrémenter ces discussions par la mise en évidence de certaines conduites qualifiées de “légères”. Il suffit de faire un tour sur les forums de discussion ou les pages Facebook orientées sur le sujet pour constater une certaine frénésie dans la recherche du plaisir.

Non pas que ce soit mauvais (ce n’est absolument pas mon propos), mais tout simplement qu’à mon sens, ce phénomène est révélateur d’un problème plus profond, resté longtemps tabou dans les cultures africaines: le plaisir féminin.

L’éducation des filles

Dès l’enfance, il existe une pudeur associée à tout ce qui touche à la sexualité. On n’en parle pas, ou alors très peu, juste le strict minimum. Tout est mystifié.

Par exemple, beaucoup de femmes n’ont pas eu d’explications claires lors de la survenue de leurs premières règles. On leur a juste dit comment se protéger sans rentrer dans les détails du cycle menstruel ou du fonctionnement du système reproducteur. Heureusement que l’école était là pour pallier à ce manque d’informations. Mais pour celles qui n’ont pas pu y aller, je suppose que ça n’a pas été facile de comprendre ce qui leur arrivait.

La relation sexuelle, fortement prohibée par la famille, n’était évidemment pas un sujet de débat. Impossible donc de poser des questions à ses parents ou à des membres de la famille. Au risque de créer de forts soupçons de libertinage et de se voir surveillée ou réprimandée.

Hormis cela, on apprend en grandissant qu’il y a les femmes du “dedans” (les épouses) et les femmes du “dehors” (les maîtresses). Les premières sont dignes et respectables et les secondes sont des femmes avec lesquelles les hommes s’amusent. Ils y vont pour assouvir leurs fantasmes.

Les normes de comportements sexuels sont clairement définies selon la catégorie à laquelle on appartient.

  • L’épouse est celle là qui est pudique, elle ne s’adonne pas à certaines pratiques et ne revendique pas un plaisir personnel. Elle doit savoir mettre des limites à son époux.
  • La maîtresse est open-minded, et avec elle l’homme peut oser exprimer ses désirs et réaliser ses fantasmes. Elle n’a pas de tabou.

Cette dichotomie, qui relève à mon sens plus d’une croyance qu’autre chose, a contribué à renforcer le tabou sur la sexualité féminine.

L’homme n’ose pas franchir certaines limites avec sa conjointe, et la femme a peur ou honte d’exprimer ses véritables envies. Personne ne veut être traité de “pervers”.

Beaucoup de femmes ravalent ainsi leurs frustrations et rêvent leur sexualité au lieu de la vivre. Elles revendiquent leur droit au plaisir, mais dans leur couple, ont parfois du mal à se départir des injonctions morales et culturelles.

Entre temps… les hommes trouvent des alternatives.

Qu’est-ce qui cause la frustration?

Chaque femme a des attentes et des manques spécifiques vis à vis de son partenaire. Toutefois, certaines plaintes reviennent fréquemment dans différents discours:

  • L’absence de préliminaires
  • Le manque d’attention et de délicatesse de l’homme
  • Le manque d’émotion (acte mécanique)
  • L’ignorance des zones érogènes de la partenaire
  • La certitude du partenaire en ses compétences, d’où l’absence d’humilité pour apprendre
  • L’absence de dialogue et d’écoute
  • Le refus de faire plaisir à l’autre ou de se remettre en question
  • Le tabou du sujet dans le couple
  • La confusion entre l’orgasme et le plaisir

Les idées reçues

  • Une femme qui se respecte doit rester discrète pendant les relations sexuelles
  • Un homme doit respecter sa femme, s’il veut s’amuser, il y a les maîtresses pour ça
  • Une femme qui recherche du plaisir est une femme qui pourra facilement aller voir ailleurs
  • Le plaisir est une affaire d’hommes, les hommes ont plus envie que les femmes
  • Les femmes simulent tout le temps
  • Les femmes noires sont coincées
  • Etc.

Ces affirmations ont énormément d’influence sur les pensées et comportements des hommes et femmes dans leurs relations amoureuses.

La compatibilité sexuelle

Tous les Hommes ne vivent pas leur sexualité de la même façon. Certains sont conservateurs, et d’autres ouverts à différentes expériences.

Si les deux partenaires sont en phase sur le sujet, tout va pour le mieux. Dans le cas contraire, il y’aura forcément une personne insatisfaite.

Cette insatisfaction peut se manifester par le dégoût des relations sexuelles, la frigidité, la perte d’intérêt ou encore le rejet du conjoint. On ne le désire plus.

Cependant, aucun problème ne se résout dans le silence. En vouloir à quelqu’un qui ignore les causes de notre frustration est absolument contre-productif.

La solution ne se trouve pas toujours ailleurs, chez la maîtresse ou l’amant.

Les deux membres du couple peuvent apprendre, s’ajuster et évoluer ensemble. Il n’y a pas de honte à cela.

Le non-dit est une source d’incompréhension qui peut causer du ressentiment sur le long terme et impacter le plaisir d’être ensemble.

Bl@ckPsy

 

 

Mere celibataire africaine

Laisser une Réponse

Votre adresse email ne sera pas divulguée.