Le partage d’images violentes et macabres sur les réseaux sociaux, quel impact sur ma santé mentale?

A l’ère du numérique, la transmission d’informations n’a jamais été aussi facile. N’importe qui peut prendre une photo ou une vidéo et la partager sur les réseaux sociaux. Au delà des nombreuses questions éthiques que ce phénomène peut soulever ,  on pourrait se poser la question de savoir si tout ce qui est communiqué relève forcément de l’information.

“On qualifie d’information toute donnée pertinente que le système nerveux central est capable d’interpréter pour se construire une représentation du monde et pour interagir correctement avec lui”.

Cette définition tirée de Wikipédia souligne l’importance pour le cerveau humain de traiter toute information qu’il reçoit.

Or, traiter une information, c’est la comprendre, lui donner un sens, une signification. Et pour ce faire, les éléments de contexte sont parfois indispensables.

Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas des photos et vidéos qui circulent sur Facebook ou sur d’autres réseaux sociaux. Les images mettent en scène une mort violente où des corps mutilés sont présentés comme preuves d’un ou de plusieurs faits divers.

Non seulement ces images sont d’une violence inouïe, mais en plus, l’information qu’elles prétendent véhiculer n’est pas toujours vraie, ou complète. Laissant ainsi libre cours à toute sorte d’interprétation.

On ignore souvent l’identité des personnes ainsi exposées ainsi que les circonstances exactes qui ont conduit à ce résultat. Bien que cela ne justifie en rien les actes qui ont été perpétrés, cela permettrait au moins de disposer d’éléments de compréhension.

Combien de fois n’a t-on pas vu la même photo circuler, sous le couvert d’histoires totalement différentes?

Ce qui confirme qu’une image brute à elle seule ne transmet aucune information. Elle suscite juste de l’émotion et peut être récupérée par n’importe qui sur la toile.

1- De quoi parle t-on exactement?

Des vidéos ou photos de personnes malmenées, maltraitées ou atteintes de maladies graves. Des corps mutilés, des scènes de sadisme (mise à mort d’un voleur, décapitation, torture), des accidents graves, des assassinats, des lynchages et divers actes de violence.

Il s’agit donc des personnes décédées, mal en point ou sur le point d’être mises à mort.

Ces images nous sont la plupart du temps imposées, car elles nous sont transmises sans notre consentement.

2- Pourquoi regarde t-on ces images?

La curiosité et le besoin de se rassurer

Naturellement, l’être humain est attiré par le morbide. La violence et la mort font partie de ses angoisses naturelles. L’image choc attire forcément l’attention et exacerbe la curiosité. On veut en savoir plus.

Regarder aide non seulement à calmer cette angoisse, mais rassure également sur le fait d’être encore vivant, hors de portée de cette “horreur” qui nous est présentée.

Le voyeurisme morbide

Il fait référence aux personnes qui sortent leur téléphone à tout va pour filmer des scènes inédites, dramatiques , violentes ou horribles. Au lieu d’intervenir et d’aider les personnes qui en ont besoin, elles se contentent d’observer et de filmer. Ces personnes éprouvent une certaine “excitation” face à la violence ou alors une “fascination” pour la mort. Elles en retirent un certain “plaisir”, qui est bien souvent celui de voir souffrir l’autre (sadisme).

Les réseaux sociaux, vitrine par excellence

Les réseaux sociaux constituent la vitrine par excellence qui permet d’assouvir les penchants exhibitionnistes et voyeuristes de toute une catégorie d’individus. Par ennui ou par simple réflexe, on clique et on regarde, juste parce que c’est là. Il n’y a aucun effort à faire.

3- A quoi dois-je m’attendre si je regarde ce type de contenu?

La mémorisation et le risque de traumatisme

Une fois l’image visualisée, il ne suffit pas de passer à autre chose pour oublier. Nous avons une mémoire émotionnelle qui enregistre tous les faits et évènements marquants de notre vie. Ces derniers peuvent ressurgir par la suite, sous forme de cauchemars, flashback ou d’images intrusives. On ne s’en débarrasse pas par la seule force de la volonté.

Toutes les “horreurs” que nous regardons sont donc stockées dans notre subconscient. Et peuvent dans certaines conditions provoquer un traumatisme, ou alors, influencer nos pensées et comportements à notre insu.

Pour rappel, un évènement est dit traumatogène (passible de provoquer un traumatisme)  s’il nous confronte directement à la mort (la nôtre ou celle d’autrui) et occasionne chez nous une peur intense, un sentiment d’impuissance ou d’horreur.

La banalisation de la violence et de l’horreur

A force d’être spectateur de la violence, on devient victime du phénomène d”habituation”. Tout devient banal. On ne s’offusque plus ou très peu. Les réactions vives et émotionnelles du début laissent peu à peu place à de l’indifférence, au fatalisme. On clique et on zappe.

Un intérêt accru pour la violence

Les images peuvent également susciter un intérêt chez celui qui les regarde. Elles réveillent parfois des tendances jusqu’alors inconnues ou des souffrances vécues. Dans ce cas de figure, le spectateur va activement rechercher des images identiques à celles qui ont suscité son attention. Il peut s’agir des scènes de bagarres ou d’humiliation.

L’imitation

L’influence des images sur le passage à l’acte n’est plus à démontrer. On imite plus facilement ce qu’on a déjà observé ailleurs. L’effet est identique à celui observé pour la violence à la télévision. Les jeunes enfants et les adolescents étant particulièrement à risque.

4- Que dois-je faire?

Il n’y a pas de secret pour se protéger de la violence psychologique. Il suffit tout simplement d’arrêter de regarder les images malsaines.

Ne les partagez pas non plus. Car en le faisant, vous partagez également votre réaction, qui à son tour va susciter la curiosité des autres, et ainsi de suite. Ne faites pas partie de la chaine de transmission. Ces personnes ont le droit au respect de leur vie privée.

En ce qui concerne les morts, pensez à leurs proches. Toutes les images ne sont pas bonnes à diffuser. N’en rajoutez pas.

La souffrance humaine n’est pas un spectacle, et la mort, un phénomène porteur d’angoisse.

Faites le tri et sélectionnez ce que vous regardez.

Protégez votre santé mentale.

Préservez votre “humanité”.

 

Bl@ckPsy

 

Mere celibataire africaine

2 Commentaires

  • Mawulolo Roger Répondre

    Bien écrit et je suis tout à fait d’accord.
    Juste que cela m’empêche de publier mon billet prévu sur le même sujet. Car trop de ressemblances.
    J’ai aimé…

    • blackpsy Répondre

      Bonjour Roger
      Et merci pour le retour.
      J’apprécie.

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