Mal-être au travail, quand l’adversité se transforme en harcèlement moral

L’adversité comme condition inhérente à la vie en groupe peut se manifester dans différents domaines de notre vie.Tout le monde ne peut pas nous aimer ou nous accepter tels que nous sommes. Tout le monde ne sera pas toujours d’accord avec notre façon de faire ou de penser. Si cette situation est déjà assez inconfortable dans notre vie privée, elle l’est encore davantage dans la vie professionnelle.

Avoir un emploi est une chose, mais se sentir bien dans son environnement de travail en est une autre. Nous ne choisissons ni nos collègues, ni nos supérieurs hiérarchiques, et encore moins nos conditions de travail. Nous sommes donc obligés de composer avec une multitude d’éléments pouvant à tout moment impacter notre bien-être.

Quand l’ambiance de travail commence à se dégrader, si les choses ne sont pas prises en main assez tôt, certains conflits et désaccords peuvent rapidement évoluer en harcèlement moral.

Beaucoup en sont victimes, mais peu sont conscients qu’il s’agit d’un cas de harcèlement. Il est donc essentiel de s’informer pour pouvoir évaluer sa situation personnelle.

Définition

Le harcèlement moral au travail peut se définir comme un ensemble de conduites ayant pour objet ou effet de porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychique d’une personne, de mettre en péril son emploi et de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant.

Ces comportements doivent être abusifs et se répéter sur une certaine durée pour être considérés comme du harcèlement.

Les comportements abusifs

Il s’agit d’un ensemble fait de paroles, de gestes ou de comportements complètement inappropriés et répétés:

  • Isolement de la part des collègues ou du supérieur hiérarchique (ne pas être invité aux réunions par exemple)
  • Dissimulation des informations nécessaires au travail
  • Prescription des tâches qui n’ont rien à voir avec la fonction exercée, ou alors impossibles à réaliser
  • Abus de pouvoir et manipulation
  • Stratégies pour pousser la victime à la faute
  • Critiques continuelles sans raison objective
  • Absence de consignes claires
  • Intimidations et sous-entendus
  • Surveillance des faits et gestes et diffusion des ragots
  • Manque de reconnaissance et attribution du travail effectué à d’autres personnes

Qui sont les victimes?

Il s’agit en général des personnes qui se démarquent, soit par leurs résultats, leur personnalité, leur couleur de peau ou leur profil académique.

Ces personnes attisent de la jalousie ou de l’intolérance chez leurs collègues qui mettent tout en œuvre pour les déstabiliser.

Même si tout le monde peut être victime de harcèlement sur son lieu de travail, certaines personnes auront malgré tout une meilleure capacité à se défendre via:

  • Une bonne confiance en soi
  • La possibilité d’avoir un support amical ou familial
  • La capacité à évaluer la situation de manière objective et à chercher des alternatives
  • La capacité à mettre des limites et à se faire respecter

Manifestations psychiques

Anxiété, nervosité, dépression, burn-out, stress chronique, confusion, idées suicidaires, sentiment d’impuissance, baisse de l’estime de soi…

Manifestations physiques

Troubles de sommeil et de l’attention, hypertension, palpitations, troubles digestifs, fatigue, maladies psychosomatiques…

Comportements possibles

Absentéisme fréquent, agressivité, laxisme ou surinvestissement dans l’exécution des tâches, isolement, repli sur soi, accès de colère ou de pleurs incontrôlables, évitement des situations ou personnes pénibles, difficultés à se lever le matin pour aller travailler.

Que faire en cas de harcèlement?

Tout d’abord, vérifier qu’il s’agit bel et bien de harcèlement et non d’une tendance personnelle à la victimisation. Chercher ensuite du soutien sur le lieu de travail et autour de vous.

A- Utiliser les ressources internes de votre entreprise

1- Connaître ses droits: bien souvent, on ne dit rien par peur de perdre son emploi ou de subir des représailles. Bien que cette crainte soit compréhensible, il ne faut pas oublier qu’un contrat de travail vous garantit aussi certains droits. La protection contre les représailles existe et votre employeur est passible de sanctions s’il vous licencie sans raison.

Quand vous signez votre contrat de travail, prenez le temps de lire les modalités liées au bien-être des travailleurs et renseignez-vous sur les procédures relatives au service de prévention et de protection des travailleurs en vigueur dans l’institution.

Ayez sous la main les coordonnées des personnes de confiance et des conseillers en prévention. Dans la mesure du possible, affiliez-vous à un syndicat.

2- Contacter le supérieur hiérarchique pour exposer sa situation et demander des solutions.

Au cas où c’est avec le supérieur hiérarchique que vous avez des soucis, il est recommandé de contacter son N+2, à savoir le supérieur hiérarchique de votre Chef.

3- Contacter la médecine du travail et demander une intervention psychosociale. En général, les conseillers en prévention font une analyse de risques et en fonction des résultats, vous orientent vers une structure vers laquelle vous pourrez porter plainte pour harcèlement.

4- Si vous êtes syndiqués, faites appel à votre délégué syndical qui pourra intervenir pour vous auprès de la direction.

Si aucune de ces options ne donne de résultats satisfaisants, alors il faut se poser la question de savoir quel serait le rapport coût/bénéfice d’une plainte. Autrement dit, cela vaut-il la peine d’aller plus loin et d’intenter une action en justice contre votre employeur? Qu’est-ce que ça va vous coûter psychologiquement? êtes-vous prêt à en payer le prix? avez-vous des chances d’obtenir gain de cause?

Posez-vous les bonnes questions.

Le harcèlement moral est d’autant plus difficile à vivre quand l’entourage immédiat (collègues, hiérarchie) est témoin mais ne réagit pas. Si vous n’avez aucun support en interne, et peu d’éléments de preuves, le combat n’en vaut peut-être pas la peine.

A ce stade donc, il est utile d’évaluer le problème sous tous les angles. Qu’est-ce qu’on vous reproche exactement? existe t-il des compromis possibles? pouvez-vous améliorer la situation en faisant des concessions?

Essayez de voir dans quelle mesure vous pouvez agir sur la situation pour la modifier à votre avantage.

Le but n’étant pas toujours de gagner ou d’avoir raison. Dans certaines situations, la solution la plus intelligente consistera à lâcher prise et à rechercher la paix. Les coûts psychologiques d’un conflit ouvert pouvant s’avérer catastrophiques.

B- Utiliser vos ressources personnelles comme moyens de support

1- Apprenez à vous affirmer: posez des limites dès le départ pour éviter que certains comportements se répètent, surtout s’il s’agit de vos collègues.

2- Pratiquez des techniques de gestion de stress pour diminuer votre angoisse: effectuer des exercices de méditation et de relaxation, pratiquer un sport, accepter ce qui ne dépend pas de vous, voir les choses telles qu’elles sont sans les noircir, dormir suffisamment et faire les choses que vous aimez.

3- Relativisez: les personnes qui vous attaquent ont un problème avec ce que vous représentez; c’est donc “leur” problème, pas le vôtre. Ne prenez surtout pas les choses à cœur, le milieu professionnel est fait de concurrence, de jalousie et de coups bas. Certaines personnes ont besoin de rabaisser les autres pour se sentir bien.

4- Dédramatisez: les choses sont peut-être difficiles et désagréables, mais sûrement pas horribles, puisque vous survivez.

5- Faites toujours du mieux que vous pouvez pour qu’on n’ait rien à vous reprocher concernant votre travail. Limitez-vous aux éléments factuels et gardez toujours des traces de vos actions.

6- N’exposez pas votre vie privée ou vos problèmes personnels au travail, vous ne savez pas toujours qui est en face de vous. Ces informations pourraient être utilisées contre vous.

7- Prenez du recul: quelques jours de congé permettent de relâcher la pression.

8- Considérez votre emploi comme une source de revenus, ne vous attachez pas émotionnellement et ne cherchez pas la reconnaissance à tout prix.

Quand le harcèlement provient de votre hiérarchie, focalisez-vous sur vos tâches et si l’opportunité vous est donnée, demandez à changer de service. Dans le pire des cas, cherchez du travail ailleurs.

Quoi qu’il en soit, n’attendez pas de sombrer dans la dépression pour agir. Demandez dès que possible l’aide de vos amis, de votre famille ou d’un professionnel de la santé.

Et pour ceux qui travaillent sans contrat ou dans des secteurs informels?

Malheureusement, il y a peu de moyens légaux pour gérer une situation de harcèlement dans ce cas de figure. La seule alternative qui reste est de changer d’emploi si c’est vraiment trop difficile à vivre.

Cependant, si vous vivez dans la précarité ou si les perspectives d’emploi sont assez limitées, il ne reste plus qu’à relativiser et à chercher autour de vous des personnes de support.

Dans tous les cas, ne restez pas dans votre coin. Informez-vous et cherchez le soutien nécessaire.

Bl@ckPsy

 

 

 

 

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