Qui a dit que les noirs ne font pas de dépression ?

 

Beaucoup de personnes pensent que la dépression, c’est une histoire de blancs.

« L’homme noir est FORT, il ne craque jamais pour n’importe quoi », « l’homme noir ne se suicide pas », …

Que de stéréotypes !

La vérité est que la dépression n’a pas de race. Les mêmes causes produisent les mêmes effets chez tous les êtres humains. Seul le mode d’expression de la souffrance varie d’un individu à un autre, ou d’une culture à une autre.

Dans les faits, quand un africain fait une dépression, il ne le sait pas. Très peu sont ceux qui y sont sensibilisés et qui en parlent ouvertement.

Ceux qui font le pas de consulter préfèrent souvent garder le secret vis-à-vis des proches, afin d’éviter :

  • les remarques du genre « tu vois un psy ? pour quoi faire ? », «  ça sert à quoi ? c’est pour les blancs », « tu as quel genre de problèmes comme ça ? » …
  • les rumeurs du style «  tu sais quoi ? X pète les plombs, il/elle voit même déjà un psy »,…

Or, demander de l’aide n’est absolument pas un signe de faiblesse ou d’anormalité.

Un psy écoute, informe  et conseille en première intention.

En outre, ce n’est pas la seule personne qui peut vous aider, il en existe plein d’autres (pasteur, coach, parents, amis …).

A chacun selon ses appétences.

Le plus important est de se faire aider par une personne que vous avez choisie et en qui vous avez totalement confiance.

“Pourquoi les africains pensent qu’ils ne peuvent pas faire une dépression ?”

 

L’explication se trouve dans la culture d’origine. La culture africaine est une culture communautaire, contrairement à l’Europe ou à l’Amérique qui ont une culture individualiste.

Depuis leur tendre enfance, les africains apprennent qu’ils font partie d’un tout et que les problèmes se résolvent en famille ou en communauté. On se sent rarement « seul », il y a toujours quelqu’un à qui parler et qui peut nous conseiller.

Voilà pourquoi au pays, on peut faire une dépression et ne pas en subir les ravages. Elle est canalisée.

“Que se passe t-il donc une fois qu’on a immigré”

 

… les données changent. Il y a le fameux « choc culturel » et ses ravages.

Loin des parents et de la famille, nous sommes confrontés à la solitude, aux difficultés en tout genre, et à la merci des caprices du monde moderne.

Le projet migratoire détermine en majeure partie la réaction individuelle aux vicissitudes du pays d’accueil. Pour beaucoup, il faut se battre pour la survie, et parfois, à n’importe quel prix.

Le manque de « mentor » ou de « cadrage » conduit les moins « avisés » à faire de mauvais choix.

L’immigré d’origine africaine est souvent livré à lui-même dans son pays d’accueil. Dans cette situation, il a plusieurs options : soit il se replie sur lui-même et s’isole, soit il intègre un autre milieu culturel, soit Il se rapproche de sa communauté locale ou de toute autre personne qui lui prête de l’attention.

Bien que nous soyons tous immigrés, nos vécus, tout comme notre parcours restent individuels.

Chacun a ses rêves, ses déceptions, ses batailles.

Derrière un sourire … peut se cacher l’inimaginable, derrière une vie « parfaite » … un drame.

“En terre d’exil, plusieurs facteurs peuvent causer une dépression”

 

La solitude, les difficultés d’adaptation à la culture d’accueil, l’absence de relation amoureuse, l’isolement, les problèmes financiers ou administratifs, les séparations mal vécues, les échecs scolaires, le chômage, la pression de la famille au pays, le célibat, la perte d’un être cher au pays, l’infertilité…

Ici, il faut apprendre à vivre seul et à gérer soi-même ses états d’âme. Bien souvent on ne sait pas à qui parler, ou à qui confier ses problèmes.

C’est un besoin qui voit de plus en plus le jour au sein de la diaspora, d’où la multiplication des coachs et des motivateurs qui se donnent pour objectif de pallier à ce « manque » en jouant le rôle de conseiller, ou de mentor, sur internet ou en live.

Oui, les africains  font des dépressions…mais malheureusement, ne le savent pas.

Chez certaines personnes, les séquelles vont déformer leur vision du monde et polluer leurs relations amicales, professionnelles, ou amoureuses. Leur passé continuera à vivre au travers de leurs choix.

“Tout le défi consistera à survivre dans une culture individualiste avec un mental configuré pour vivre dans un environnement communautaire”

 

Mere celibataire africaine

2 Commentaires

  • Heïdhi Répondre

    Super article. Cette notion de culture et d’environnement est vraiment très importante.
    Je découvre votre blog et j’en suis ravie. Etudiante en psychologie est métisse (je reconnais qu’il y a peu de noir en psycho 🙂 et j’ai beaucoup entendu ce préjugé du « noir » qui n’a pas de dépression.
    Je suis ravie de votre démarche pour dépasser les frontières, des couleurs et des visions du quotidien pour aller au-delà c’est génial!!
    Votre blog est agréable et super bien écrit. Je suis en construction d’un blog également sans nulle doute je partagerai vos articles!
    Merci et bonne continuation.

    • blackpsy Répondre

      Merci Heïdhi

      Et bienvenue sur mon Blog. Vous pouvez partager mes articles sans problèmes.
      N’hésitez pas à les commenter ou à aller sur la page Facebook Noire et Psy. Bon courage pour vos études, c’est une bonne filière.

      Cordialement,

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