Relations de complaisance: se mettre en couple pour de mauvaises raisons

Suite à un débat lancé récemment sur ma page facebook, j’ai pu remarquer les nombreuses difficultés auxquelles font face les couples africains vivant à l’étranger. Trouver un partenaire ou une partenaire qui correspond à son projet de couple serait apparemment une quête jonchée de plusieurs obstacles: incompatibilité de valeurs, conception traditionaliste contre modernité, problèmes identitaires et différences notoires dans les attentes réciproques.

Si vous observez bien autour de vous, vous constaterez qu’il y’a autant de couples différents que de besoins individuels existants. Les raisons qui poussent les uns vers les autres tendent de moins en moins vers les cadres de référence parentaux ou culturels, et de plus en plus vers une survie dans l’environnement dans lequel on évolue. C’est ainsi que beaucoup de couples de complaisance finissent par se former.

Le besoin de compagnie ou de conformisme social (être en couple, avoir des enfants, acheter une maison, ne pas rester seul, partager ses loisirs avec quelqu’un, etc. ) prend ainsi le pas sur le temps de préparation.

 

Qu’est-ce qu’un temps de préparation?

Le temps de préparation peut se définir comme la période pendant laquelle nous construisons notre projet de couple: que voulons-nous accomplir? quels sont nos objectifs en tant que partenaire/conjoint ? quelles sont nos priorités? et plus important encore, quelle est notre marge de manœuvre au vu du contexte dans lequel nous évoluons?

Cette période de questionnement est essentielle car elle permet de savoir ce qu’on veut vraiment et vers quel type de partenaire nous allons nous tourner. On ne peut faire un bon choix si on ignore qui on est et ou on va. Partir d’un besoin à combler est le meilleur moyen de se tirer une balle dans le pied.

Posez-vous les bonnes questions:

  • qu’est-ce qui manque à ma vie ET qui dépend de moi?
  • que fais-je pour rendre mon quotidien intéressant à mes propres yeux?
  • y a t-il une seule façon d’être heureux(se)?
  • qu’est-ce que je traîne encore derrière moi comme casseroles (mes blessures d’enfance sont-elles guéries? ai-je pardonné à mes ex? mes parents sont-ils un soutien pour moi? avons-nous de bonnes relations dans la famille?)
  • suis-je prêt(e) à donner ou suis-je dans une posture de recevoir?

 

Tirer les leçons des expériences passées

Les échecs antérieurs constituent une mine d’or pour toute personne qui veut s’améliorer dans la vie. Si vous regardez attentivement vos relations passées, vous verrez qu’il y’a toujours un enseignement à en tirer. Toute rencontre est une occasion de se découvrir soi-même.

Il est parfois bon ton de mettre l’orgueil de coté et d’accepter que nous avons aussi des choses à nous reprocher. C’est la meilleure façon d’éviter la répétition des erreurs dans nos relations futures.

 

Rester seul(e) ou vivre avec un homme/une femme par complaisance?

Si tu fais de toi-même un ami, tu en te retrouveras jamais seul. Maxwel Maltz

Comment peut-on construire une relation saine quand on n’est pas capable de vivre seul ? pourquoi vouloir que l’autre nous supporte quand nous ne nous supportons pas nous-mêmes?

Certaines personnes passent le temps à se fuir, à rechercher constamment des occasions de rencontre ou des relations fusionnelles. Elles ne supportent pas la solitude car elles se sentent vides de l’intérieur. Elles ont besoin des autres pour se construire et pour se sentir exister. Malheureusement, personne ne peut combler cette attente 24h sur 24, il arrivera donc un moment ou le/la partenaire ne pourra plus jouer ce rôle de support existentiel.

Rester seul peut être une occasion de croissance et d’évolution. Vivre une relation par complaisance est un mensonge pour soi et pour l’autre.

A la longue, les partenaires ont de fortes chances de se retrouver dans des situations d’infidélité ou de trahisons diverses: je reste avec lui/elle pour ce qu’il/elle m’apporte, et je cherche ce qui me manque à coté, je reste ici en attendant de trouver mieux ou parce que je n’ai pas trouvé mieux.

Tout ce temps reste un temps investi dans une relation à laquelle on ne tient pas vraiment ou à laquelle on ne croit pas.

Ne serait-il pas préférable de capitaliser ce temps dans le développement de ressources personnelles et l’amélioration de la personne qu’on est ?

Opter pour une relation de complaisance peut vous faire passer à coté de votre vie ou pire, ruiner l’avenir de vos enfants déjà présents ou à naître. Ne vous mettez pas volontairement en prison.

Restez honnête avec vous-même et avec les autres, car si votre partenaire s’en rend compte, les conséquences peuvent être désastreuses.

 

Apprivoiser la solitude

Le combat le plus intéressant selon moi serait d’apprendre à cultiver et à arroser son propre jardin. Investissez en vous-même, apprenez à vous connaitre et définissez vos objectifs de vie.

Travaillez votre confiance en soi et votre assurance en tant que personne.

Choisissez vos partenaires en fonction de votre destination et non en fonction de vos besoins quotidiens.

Ayez des valeurs et faites votre possible pour leur rester fidèle.

 

Mon dernier mot?

Vivre en couple ne rend pas heureux, on entre dans une relation  en étant déjà heureux. On entre dans le couple pour donner et partager ce qu’on a déjà construit en soi. Et même si les deux partenaires ne sont pas au même niveau d’évolution, ils peuvent coopérer et se compléter.

Prenez votre temps. Votre sentiment de solitude peut puiser sa source dans autre chose que le besoin d’avoir quelqu’un dans sa vie. Par exemple, un environnement familial absent, instable ou conflictuel, une vie monotone et sans direction précise ou encore de mauvaises expériences de couple qui ont poussé à renoncer au bonheur.

 

BlackPsy

Mere celibataire africaine

3 Commentaires

  • Andréa Répondre

    Vraiment riche en enseignement!

  • Bendel Répondre

    Une lecture très appréciée. Merci!

    • blackpsy Répondre

      Merci à vous Bendel

Laisser une Réponse

Votre adresse email ne sera pas divulguée.